Une seule personne peut présider le conseil d’administration et diriger l’entreprise au quotidien. Ce cumul donne le titre de président-directeur général.
Reste à savoir ce que ce titre permet vraiment, et ce qu’il rapporte. Cet article explique les fonctions, la façon d’y accéder et la rémunération.

Le PDG cumule deux fonctions que la loi distingue
Orthographe et forme du titre
Le titre de président-directeur général désigne celui qui cumule la présidence du conseil d’administration et la direction générale d’une société anonyme à conseil d’administration.
Le titre ne couvre pas tous les dirigeants : un directeur général seul ou un directeur général délégué n’est pas PDG. Pour savoir qui relève de ce statut, on peut partir de tout savoir statut mandataire social.
On écrit « président-directeur général » avec un trait d’union entre « président » et « directeur ». Il n’y en a pas entre « directeur » et « général ». Écrire « président-directeur-général » est donc une faute.
Pour l’abréviation, on écrit « P.-D.G. », avec des points et un trait d’union. « PDG » est une abréviation courante et admise de « président-directeur général » ; « P.-D.G. » est également une forme correcte.
Équivalents en anglais : CEO ou managing director
CEO et managing director sont des titres d’usage en anglais. En droit français, ils ne fixent aucun pouvoir : ce sont la loi, la forme de la société et les statuts qui le font.
Pour savoir ce que le dirigeant peut faire, il faut donc lire les statuts. Un titre anglais sur une carte de visite ne dit rien de ses pouvoirs.
Le président encadre le conseil, le directeur général dirige
Ce que fait le directeur général
Le directeur général dirige l’entreprise au quotidien. Quand il agit au nom de la société, c’est elle qui s’engage envers les tiers : clients, fournisseurs, banques.
Mais sa responsabilité personnelle peut aussi être engagée. Selon les cas, il répond de ses fautes sur son patrimoine, au civil, ou devant un juge, au pénal.
Le directeur général porte trois missions principales :
- Définir la stratégie de l’entreprise, c’est-à-dire le cap à suivre et les choix sur les marchés où elle se développe.
- Organiser la mise en œuvre de cette stratégie, en fixant la structure de l’entreprise et la place de chaque équipe.
- Fixer les objectifs à atteindre, service par service, pour que chacun sache ce qu’on attend de lui.
Ce que fait le président du conseil
Le président du conseil organise et dirige les travaux du conseil. Il veille à ce que les administrateurs puissent remplir leur mission.
Il rend compte à l’assemblée générale. Pour savoir comment le conseil répartit ces fonctions, voyez la répartition des rôles stratégiques et de direction au sein du conseil et du comex.
Le directeur général peut être une autre personne. Chez Bouygues, le conseil a annoncé la séparation des fonctions le 21 février 2021 : Martin Bouygues est resté président et Olivier Roussat est devenu directeur général, sa prise de fonction effective ayant eu lieu le 1er septembre 2021.
Gouvernance : les statuts tranchent, le titre ne suffit pas
En SA : la dissociation reste possible
En SA à conseil d’administration, le conseil tranche : soit le président assure aussi la direction générale, soit il confie celle-ci à une autre personne physique.
Si le président cumule les deux fonctions, les règles applicables au directeur général s’appliquent aussi à lui. Le cumul ne l’en dispense pas.
En SAS : les statuts répartissent les pouvoirs
La révocation ne suit pas les mêmes règles en SA et en SAS.
| Critère | SA | SAS |
|---|---|---|
| Qui décide de la révocation | Le conseil, à tout moment | Fixées par les statuts |
| Juste motif | Pas requis | Exigé ou non, selon les statuts |
| Révocation sans juste motif | Dommages-intérêts, sauf si le dirigeant préside aussi le conseil | Possible si les statuts le prévoient |
En SAS, les statuts fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée. La loi impose qu’une SAS soit représentée par un président, mais elle permet aussi aux statuts de prévoir un ou plusieurs directeurs généraux ou directeurs généraux délégués, dont les pouvoirs doivent alors être définis par les statuts.
Il faut faire préciser dans les statuts qui nomme et révoque le directeur général, comment le vote se déroule et quels pouvoirs de représentation il reçoit.
Les limites posées au président ne sont pas opposables aux tiers : un partenaire peut se fier à sa signature, même restreinte par les statuts.
Rémunération : des repères d’offres, pas une moyenne de PDG
Ce que publie l’Apec sur les postes de directeur général
Pour 80 % des offres de directeur général, la rémunération annuelle brute, fixe et variable compris, va de 41 000 à 110 000 €. La moyenne s’établit à 71 000 €.
Ces repères servent à juger une offre de directeur général, pas à estimer ce que touche un PDG. Une offre sous 41 000 € se situe en dessous de l’intervalle observé pour huit offres sur dix, mais ce seul constat ne suffit pas à justifier automatiquement une négociation.
Pourquoi le salaire brut seul trompe
Une moyenne publiée par l’Insee rassemble des dirigeants très différents — PDG, présidents et mandataires sociaux assimilés salariés —, sans que le périmètre statistique exact de ce chiffre soit aisément vérifiable. Elle ne mesure pas un PDG type.
Surtout, dividendes et intéressement ne figurent pas dans le salaire brut fixe et variable des offres d’emploi. Pour juger un package complet, le plus utile est de lire la structure des packages de rémunération et leur gouvernance.
Le chiffre à retenir : 7,1 millions d’euros de rémunération totale moyenne pour les présidents exécutifs du CAC 40 en 2023. Soit cent fois la moyenne d’une offre de directeur général, à 71 000 €.
Ce montant ne fixe pas le prix d’une offre. Il inclut des éléments absents du brut d’un contrat, et il concerne des groupes cotés. Pour juger une offre, il faut la comparer à la fourchette.
Accès au poste : un parcours long, sans diplôme unique
Diplôme et expérience attendus
Le niveau attendu est bac + 5, en économie, commerce, marketing, management ou ingénierie. Les formations qui y mènent : IEP, école de management, école d’ingénieurs, ou un MBA.
Il faut aussi compter au moins quinze ans d’expérience avant de prétendre à la direction générale. Le parcours se bâtit donc tôt, souvent dans un même secteur.
Compétences et savoir-être recherchés
Sur le plan technique, le poste exige la maîtrise de ces domaines :
- Management et conduite d’équipes
- Culture économique et sociale
- Comptabilité et gestion
- Marketing et connaissance du secteur, des concurrents et des clients
- Négociation et communication
- Droit des sociétés et droit du travail
- Anglais
Les qualités décisives ne s’acquièrent pas en formation. La vision stratégique et la prise de recul pèsent le plus : il faut fixer le cap sans traiter seulement les urgences du quotidien.
Viennent ensuite arbitrer, déléguer et prioriser, puis le leadership et la négociation. La stabilité émotionnelle complète cet ensemble : un dirigeant qui perd son calme en comité de direction entraîne toute l’équipe.
Le P.-D.G. cumule la présidence du conseil et la direction générale. Le titre ne dit rien de ses pouvoirs : la loi et les statuts les fixent.
Avant de viser le poste ou de traiter avec son porteur, il faut donc lire les statuts : qui nomme et révoque, comment le vote se tient, quels pouvoirs de représentation sont accordés.
Tout le reste en découle.
Foire aux questions
Quel métier gagne 10.000 € par mois ?
Plusieurs professions dépassent 10 000 € nets par mois, dont des dirigeants salariés et des chefs d’entreprise.
En 2023, ce montant dépassait le seuil des 1 % des postes salariés les mieux payés, en équivalent temps plein. Le titre de PDG ne garantit pas ce revenu.
Qui gagne 20.000 euros par mois ?
Un dirigeant d’entreprise peut atteindre ce niveau de revenu, mais le titre de PDG ne le garantit pas. Le montant dépend de chaque société et de chaque contrat, pas du titre.
Qui gagne 7000 € par mois ?
Un directeur général payé au-dessus de la moyenne. 7 000 € par mois dépassent la moyenne des offres de directeur général, 71 000 € bruts par an, fixe et variable compris. Cette moyenne ne dit pas ce que touche chaque personne.